Du trait d’esprit au trait de plume

Article de Jean-Jacques Pellegrin du cours d’espagnol de Ligia Martins

J’avais eu l’occasion, dans de précédentes chroniques parues dans le blog de l’UIAD, de parler des « greguerías », ce genre littéraire inventé par l’écrivain espagnol « Ramón Gomez de La Serna », qui définissait ces brefs traits d’esprit comme étant « une métaphore plus l’humour » .

Avec ce n° 18, s’achève ma chronique : « Du trait d’esprit au trait de plume ».

Je sais gré aux lecteurs de leur indulgence à l’égard de ces fantaisies légères. Cet exercice a débuté en août 2025 lors d’une immobilisation forcée de deux mois provoqués par une chute malencontreuse.

Avec le recul, je constate que cet état laissait tout le temps à mon imagination de vagabonder sans contrainte. Pour le dire autrement, ce fut une période propice aux démangeaisons de plume.

Ayant désormais retrouvé une vie normale et d’autres activités, je sens poindre la panne de « l’écrivain ». Il est donc temps d’arrêter là, sauf à courir le risque insensé de solliciter l’intelligence artificielle pour égayer les fidèles du blog de l’UIAD. Ce à quoi je ne me résoudrai jamais.

Du trait d’esprit au trait de plume

–  Le podagre de Washington a les chevilles enflées. Le cerveau semble l’être tout autant.

–  « Tout vient à point à qui sait attendre » . Même l’immortalité ?

–  L’hiver, le soleil est pâlichon. Nous-mêmes ne sommes guère hâlés.

–  Rabat-joie : se dit d’un marocain particulièrement pisse-froid.

–  Lard contemporain : graisse de porc à tendance bio.

–  La bataille du rhume prit fin. Aucun survivant chez les mouchoirs en papier. Mais tous les mouchoirs en tissu survécurent à leurs blessures.

–  Il cessa d’utiliser son ordinateur, tant les puces lui donnaient des démangeaisons.

–  Les gifles étaient sans effet. Son maçon de père décida de recourir à la taloche.

–  Le pygmée a la nostalgie de l’époque où ses aïeux s’appelaient grand-père et grand-mère.

–  Sa Suffisance américaine rase une aile de son logement de fonction pour y  construire une salle de bal. Sans doute pour y organiser le bal des maudits, le bal des vampires ou le bal des faux-culs.

–  «  Le compte est bon » me dit le caissier. Il ne pipa mot au sujet de la comtesse.

–  Garde-fou. Autrement dit, infirmier psychiatrique.

–  Reine-Claude. Elle n’a ni royaume ni châteaux mais ravit nos palais.

–  Maison Blanche. Une simple annexe du « manoir » hideux et boursouflé de Mar a Lago.

–  Magalomanie : variant récent et américain de la folie des grandeurs.

– Doit-on prononcer Ouston ou Youstone ? Telle est la question. Les texans attendent la réponse .

–  Les grecs et les romains étaient des peuples très prévoyants. Ils construisirent d’innombrables et magnifiques ruines pour le plus grand plaisir des tour-opérateurs d’aujourd’hui.

– Visitant un haras, un clown régala les garçons d’écurie de ses saillies.

–  Les touristes visitent le palais ducal, les dentistes, le palais buccal.

–  Enfant, j’étais toujours dans la lune. Soit bien avant Neil Armstrong.

–  Les temps changent ! Mai 1968 : «  Cours, camarade, le vieux monde est derrière toi ». Mai 2026 : «  Cours, camarade, l’intelligence artificielle est devant toi ».

– «  Chez Kim » : petite entreprise familiale où l’on se transmet la Corée du Nord de père en fils depuis 1948.

  Jean-Jacques Pellegrin

 

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