Visite de street art avec les adhérents de Culture Hors les Murs

Article proposé par Gérard Fauconnet

Street Art à Grenoble.

Avec l’UIAD, et une très compétente guide de l’Office de Tourisme, balade dans le quartier Berriat-Saint Bruno afin de découvrir un certain nombre d’oeuvres de Street Art.

La plupart ont été réalisées lors du Festival de Street Art de Grenoble qui se tient en juin chaque année depuis 2015.

Ce sont près de 420 fresques qui ont été réalisées depuis 2015 dans Grenoble.

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Un petit rappel juridique.

Le code pénal français est sans ambiguïté : que le graffiti exprime une poésie visuelle ou une revendication sociale, si celui-ci est réalisé sans autorisation, il est considéré comme un acte de vandalisme. L’article 322–1 punit de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende « la destruction, la dégradation ou la détérioration d’un bien appartenant à autrui », même en l’absence de dommage majeur.

Ce qui signifie que les œuvres réalisées lors du Festival le sont après autorisation de la commune et du/des propriétaire(s), privé ou public, de la surface utilisée.

 

La frontière entre vandalisme et art est cependant difficile à définir…

Dadopsuntocero est un street-artist basé dans la ville de León en Espagne. Il peint des fresques en 3 dimensions très réalistes où il dénonce souvent l’utilisation excessive du plastique dans la pollution des mers et des océans. À travers ses œuvres qui suscitent la réflexion, il espère encourager son public à laisser un monde meilleur que celui qu’on nous a laissé.

Il a intitulé cette fresque « Lirio púrpura » ou « Lys violet » (Festival 2022).

MC Baldassari est française, mais vit au Canada depuis 2007, où elle est naturalisée. Elle a développé là-bas ses connaissances et compétences dans le design industriel et l’illustration avant d’en venir au mural. Cette artiste visuelle polyvalente a créé son propre style, tirant ses influences de la bande dessinée, et met l’accent sur des personnages surtout féminins, des éléments végétaux et surtout, les fleurs. Au croisement de la rue du Drac avec la rue Belin, une femme tient dans sa main une tige rouge qui s’élève au-dessus de sa tête, où l’on voit s’épanouir une ribambelle de fleurs d’un joli vert et rouge (Festival 2019).

Rosa Parks de M4u réalisée avec plusieurs pochoirs en 2019.

M4u, né en 1975, a découvert sa passion pour l’expression graphique dès ses premiers coups de bombe en 1992 en région parisienne. Ce n’est qu’en 2012 que le besoin de s’exprimer artistiquement est devenu irrépressible. Ayant abandonné la pratique illégale du graffiti tout en gardant un attrait profond pour cet art, M4u s’est tourné naturellement vers le spray.

Rosa Parks est célèbre car le 1er décembre 1955, elle brave la ségrégation en vigueur dans les transports publics, et refuse de céder sa place à un Blanc dans un bus de sa ville de Montgomery (Alabama), dans le sud des Etats-Unis.

Un rat réalisé au pochoir inspiré des oeuvres de Blek le Rat, de son vrai nom Xavier Prou (qui a lui-même inspiré le célèbre Bansky).

Au bout de chaque rue, une montagne, écrivait Stendhal, le plus célèbre des écrivains grenoblois. Au numéro 17 de la rue Mozart (quartier Berriat/Saint-Bruno), un hibou grand-duc vous donne l’impression d’y être ! D’un bleu indigo, le rapace (et son fiston) offrent, côté rue, un tableau de six mètres sur huit hypnotique, réalisé à l’aérosol en 2018 par l’artiste isérois Étienne Bergeret, alias Etien’.

Cette œuvre se nomme « Grand-Duc et fils ».

La vitrine du Restaurant La Frise (Cours Berriat) : « Un homme blanc », a été peinte par le street-artist J. Mesnager en 2022.

Vincent Van Gogh, a priori par Avidoner, street artist suisse
Au 119 Cours Berriat, Grenoble : "Notre Dame de grâce II" par A'Shop pour le Grenoble Street Art Festival 2017.

« Philanagnosia », réalisée par WD (Wild Drawing), en 2025, sur la façade de l’un des bâtiments de la société ARaymond, 113 cours Berriat.

« La lecture nourrit l’imagination et aiguise l’esprit. Tous les enfants méritent cela. »

Ce qui est particulièrement intéressant, c’est la façon dont l’ascenseur, récemment installé, est intégré dans la fresque.

Les murs et portails correspondant à l’entreprise A. Raymond permettent aux street-artists de s’exprimer. C’est une des rares industries toujours actives dans le quartier et son engagement artistique ne date pas d’aujourd’hui comme en témoigne son magnifique portail art nouveau remis en couleurs par Etien’.

Nous n’avons pas eu l’occasion de voir le portail fermé, donc merci Google.

Au 125 cours Berriat, deux portraits, un peu cachés par la devanture vitrée. Ils s’inscrivent dans la série E Doll de Softtwix.

« Broken Glass », par Simon Berger, Street Art Fest 2020.

Les portraits sont réalisés en brisant les vitres de ces fenêtres.

Malheureusement, ces portraits ne sont plus pleinement visibles : le propriétaire ayant masqué la vitrine avec une feuille de papier blanc.

"La Courbe" par Monkey Bird, toujours sur les façades de la société ARaymond (Festival 2017).

« Collapse » par Nevercrew (2020). Là encore, un message écologique : cet ours blanc est emporté par un océan de plastique sur lequel flottent quelques navires.

Christian Rebecchi et Pablo Togni sont deux artistes d’art urbain suisse qui forment le duo Nevercrew.

« Tous, le voisin d’un autre », fresque réalisée en 2020, par le Collectif Muzz Mural Media, sur l’un des murs de la Maison des Habitants Chorrier Berriat, pour promouvoir le vivre ensemble.

Avec ses parfaites illusions d’optique et ses effets 3D l’artiste allemand 1010 explore un monde onirique qui a peut-être quelque chose à voir avec l’appel des abysses…

Cette fresque a été réalisée lors du Festival 2020.

Elle se nomme « Tax Heaven » (Paradis Fiscal) et, en fait, la surface de l’œuvre a la forme de la Suisse, pivotée de 90° vers la gauche. No comment !! 😀😀😀

« Le Pain des Cairns », une boulangerie bio, artisanale et gérée en collectivité. Sa façade a été réalisée en 2023 par Veks Van Hillik, artiste qui vit et travaille à Toulouse depuis 2010.

Depuis son enfance, il ne quitte plus son crayon des mains et puise son inspiration dans la nature qui l’entoure. Une faune et une flore qui sont encore aujourd’hui les acteurs principaux de ses tableaux. Veks développe un style bien à lui, onirique et surréaliste oscillant entre douceur et noirceur. Imprégné des travaux de l’illustrateur Gustave Doré du XIX siècle (Contes de Perrault, Fables de La Fontaine…), d’Ingres, de Caravage, de Dali ou des textes d’André Breton, il est aussi marqué par l’imagerie de sa génération et influencé par la pop culture, les jeux vidéo, la BD, et le street-art.

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