Du trait d’esprit au trait de plume

Article de Jean-Jacques Pellegrin, cours d’espagnol de Ligia Martins :

J’avais eu l’occasion, dans une précédente chronique parue dans le blog de l’UIAD, de parler des « greguerías », ce genre littéraire inventé par l’écrivain espagnol « Ramón Gomez de La Serna » qui définissait ces brefs traits d’esprit comme étant « une métaphore plus l’humour ».

Du trait d’esprit au trait de plume (10)

–  Rugby à XV. Quelle erreur de calcul ! Huit avants, plus deux demis, plus quatre trois-quarts, plus un arrière, cela fait treize.

–  Face à la mutinerie qui couvait sur son baleinier, le capitaine brandit son revolver et hurla : « Cétacé ! »

–  Le Sacré Collège est un établissement non mixte où les élèves portent tous un uniforme rouge.

– Ils eurent une fille unique, puis adoptèrent un garçon unique en son genre.

–  Il avait assassiné son beau-frère. D’homicide, le crime fut requalifié en insecticide pour avoir tué l’époux de sa sœur.

–  La Curie est le gouvernement du Vatican. La Banque du Vatican, c’est l’incurie.

–  Le rire est le meilleur paratonnerre contre la sinistrose.

–  On est comme on naît.

–  Corneille aimait les vers. Rien que de très banal pour un oiseau.

–  L’humour est le détergent idéal pour récurer les idées noires.

–  Avoir le charisme d’une huître n’empêche pas de devenir Premier Ministre.

–  Une voiture hybride est une automobile dont les chevaux sont remplacés par des centaures.

–  Le hamac est un filet tendu entre deux arbres pour pêcher les dormeurs.

–  Une prise de bec est une querelle entre un électricien et un oiseau.

–  Un geek passionné de chasse excellait dans la capture d’écrans.

–  Le ramadan est un rituel religieux qui prescrit aux fidèles de s’empiffrer toute la nuit, une fois le soleil couché.

–  L’homme, ou le prédateur absolu.

–  En Espagne, la tilde est un vermisseau qui se prélasse au-dessus de la lettre « n »  (ñ).

–  La mauvaise foi, ou quand la vérité souffre d’embarras gastriques.

–  Pour un motif futile, cette espagnole me prit en grippe.

–  L’argent est la tare du capitalisme, et la cupidité, sa maladie honteuse.

–  Là-bas, la vérité est bafouée. Hélas, le nombre de « là-bas » est en forte augmentation.

–  Mon frère est masseur et ma sœur, ostéopathe.

–  Le fennec a de grandes oreilles paraboliques pour capter l’arrivée du Petit Prince.

–   Le Sahara est désert toute l’année : c’est attesté.

–  Un zèbre proposa ses rayures blanches pour repeindre un passage piéton.

–  La guerre civile n’est qu’une violente rixe domestique.

–  Aimer l’artichaut, c’est l’effeuiller jusqu’au cœur.

–  Blaise Pascal aimait à miser sur le bon cheval. Aussi avait-il parié sur Dieu.

–  A Téhéran, le mollah ne mollit pas, ce qui augure mal du retour d’un shah persan.

– « Le Journal d’un prisonnier ». Le général Dreyfus et le comte de Monte-Cristo font l’impasse et préfèrent relire un autre Nicolas : « Le Journal d’un fou » de Gogol ».

Jean-Jacques Pellegrin

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