« Las Viudas del jueves » se invitan al « Club de cine español »

Pour préparer cette projection, Ligia et Marta nous avaient proposé de lire le livre de Claudia PINEIRO, auteure argentine née en 1960, qui a servi de base au scénario du film.

Las Viudas de los jueves (les Veuves du jeudi) décrit la vie d’un « condominium » argentin, Altos de la Cascada. Là vivent, dans leur bulle, des familles très aisées, protégées par de hauts murs, des barrières, des gardes, à l’écart de la ville de Santa María de los Tigrecitos mais à la porte d’une de ses favelas.

Le film a été tourné en 2009 par Marcelo Piñeiro, réalisateur argentin dont on a déjà apprécié le film ISMAEL ; il a été plusieurs fois nominé.

Ce condominium où l’on ne peut emménager que par cooptation est le reflet fidèle et féroce d’une certaine bourgeoisie argentine : l’important est de paraître, les contingences matérielles n’existent pas. Nous faisons en particulier la connaissance de quatre familles dont les maris « font des affaires » – l’histoire dévoilera que ce sont (bien sûr) de « mauvaises » affaires, des escroqueries.

Chacun révèle sa personnalité, sur les courts de tennis, le parcours de golf, dans les réunions entre amis, les récits d’une Europe visitée ou rêvée, les ventes de charité, les anniversaires, les ventes immobilières et même dans sa propre maison.

Chaque jeudi soir, les quatre maris se rencontrent, seuls, chez l’un d’eux ; ils jouent aux cartes, se proposent de nouveaux « plans » pour gagner de l’argent ou trouver un emploi, refont le monde.  Pendant ces soirées, leurs femmes, « les veuves », se réunissent de leur côté dans un bon restaurant, brillant de tous leurs atours. Paraître, essentiellement paraître….

Cette ambiance factice est étouffante, on sent que le « mal » est bien présent : les parents se désintéressent de leurs enfants, la drogue circule, les femmes sont infertiles ; malgré les apparences les relations sont tendues, hypocrites, l’un des maris bat sa femme, une jeune fille est violée et nos quatre familles ont toutes de graves problèmes financiers.

Le drame finit par éclater un jeudi soir : trois des amis sont retrouvés dans la piscine électrocutés. On comprendra vite que ce n’est pas un accident mais un plan ourdi par l’un d’eux pour aider leurs familles… Ils sont morts…. mais en fait les veuves ne toucheront rien des assurances !

Et alors, avec étonnement, on voit se déliter cette vie protégée : impossible de vivre sans argent ; c’est la fuite, en pleine nuit, alors que la colère gronde dans la favela….

En lisant le livre, chacun de nous avait imaginé le décor : de grandes maisons avec piscine et un grand jardin léché avec arbres magnifiques. Le film nous montre de façon éclatante le vide de la vie des habitants.

A la fin de la projection, la discussion s’engage reprenant les différents thèmes abordés : l’argent, l’ascension sociale, le machisme, l’éducation (et l’absence d’éducation), les règles de vie de la communauté (conseil pour sélectionner les nouveaux arrivants, parrainage, antisémitisme), la psychanalyse très prisée des Argentins.  Elle continue, très animée, sur la question de la transcription du livre ; le metteur en scène ne retranscrit pas fidèlement l’histoire, mais nous nous accordons sur le fait qu’il en représente bien l’ambiance et qu’il s’agit du récit fidèle de la vie d’une communauté privilégiée, telle qu’il en existe encore.

Et c’est là la clef de ce film et du livre dont il est tiré : nous donner l’explication de la situation actuelle de l’Argentine.

Juanita (Jeanne Allizon)

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Vendredi 7 juin de 14h à 17h, salle B005, dernière projection type « portes ouvertes »

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