Livre coup de cœur : la cuisinière des Kennedy
Article proposé par Ghislaine SERRE
La cuisinière des Kennedy – Valérie Paturaud
La fabuleuse histoire d’un modeste personnage.
La petite Andrée vient au monde abandonnée au pied d’une église dans le sud de la France. Un prêtre la trouve, sa servante l’amène à l’Hôtel-Dieu de Marseille où on la nomme Leufroy car il fait très froid ce jour-là, et Andrée, prénom du saint de la veille, le tout assorti du matricule comptable n°18603 de pupille de la nation. Tout au long de son enfance elle sera placée dans deux familles bienveillantes sous l’inspection de l’assistance publique qui veille à son bien-être.
Andrée grandit dans l’arrière-pays drômois. C’est là qu’elle apprend le bonheur d’une cuisine simple aux saveurs de garrigue. Elle se marie avec Mr Imbert cafetier de village, a une petite fille, ouvre son restaurant dans le café. Mais Andrée est volontaire, décidée et courageuse. Elle quitte son village pour Lyon où elle se forme à la cuisine bourgeoise. Sa patronne, amie des Kennedy, permet à la famille de l’engager.
Son parcours, et quel parcours ! l’amènera à cuisiner pour les plus grands, les frères Lumières, Marius Berliet, Michel Gallimard, Albert Camus…
Au fil des années, les liens qu’elle entretiendra avec ses patrons seront moins formels, presque amicaux. Dès lors, la vie d’Andrée et celle des Kennedy ne feront presque plus qu’une. Elle renoncera bien des fois à se rendre en France pour les soutenir dans les épreuves les plus affreuses.
« Tu n’auras de chance que celle que tu iras chercher », écrit-elle à l’un de ses petits-fils. Car c’est bien l’adage qu’elle s’est appliqué à elle-même pour acquérir cette « notoriété discrète ». Elle n’a jamais cultivé la popularité mais c’est bien sa personnalité propre, sa générosité qui lui valurent en retour l’attachement de ceux qu’elle côtoyait. Andrée Imbert a été de celles qui illustrent les petites gens qui ont vécu et œuvré dans l’ombre de ces grands leur permettant justement d’occuper cette première place.
Elle a aussi oublié un peu sa vie, Andrée…. Elle se rattrapera grâce à des lettres pleines d’amour, puis par sa présence une fois revenue au pays à sa retraite.
Cet ouvrage décrit bien la double facette de ce personnage dont la personnalité, la force de travail, la modestie, la loyauté et la soif de vivre lui ont fait franchir le pas pour un jour traverser l’Atlantique dans les bagages d’une famille américaine en villégiature sur la Côte-d’Azur.
Il se dégage de ce livre à la fois une formidable énergie et une grande douceur, autant de qualités qui semblent avoir été celles de cette personne pour le moins atypique et attachante.
D’une écriture simple et agréable rythmant l’aventure Valérie Paturaud restitue à merveille les qualités de celle qui a fait de sa vie un conte.
Son ouvrage est agrémenté de photos, d’extraits de lettres d’Andrée adressées à sa fille, ainsi que des recettes de cette modeste cuisinière devenue l’intime d’une grande famille américaine.


