PRIX LITTÉRAIRE UIAD 2021

 C’est bien le roman de l’écrivain argentin EDUARDO FERNANDO VARELA, PATAGONIE ROUTE 203 qui a emporté le 7e prix littéraire de l’UIAD.

 Mais il y avait 8 autres romans à lire, tous appréciés par les participants comme en témoignent ces commentaires rédigés « à chaud » et présentés sans ordre de préférence ni de préséance. Avec tout au plus l’indication de la nationalité de l’auteur.

  

LES NUITS D’ÉTÉ de Thomas Flahaut (Francais)

 Les Nuits d’été se situe dans l’Est de la France, et aborde le thème du monde ouvrier, son déclin, sa transmission pour des jeunes issus de cette région.

L’écrivain nous fait partager son attachement profond à cette région rarement évoquée, met en lumière le travail en usine, à travers les personnages et les liens entre eux et les générations précédentes.

J’ai apprécié l’écriture de ce livre, alliant modernité, simplicité et ancrage dans l’héritage social, avec respect et délicatesse.

Françoise Giraud

 

LÀ OÙ CHANTENT LES ÉCREVISSES de Délia Owens (Américaine)

Le personnage principal de ce livre, Kya, surnommée « la fille des marais », nous entraîne avec elle au coeur du marais, à la découverte de tout ce qu’elle y voit : oiseaux, végétation, papillons, plages, paysages, ciel…Le lecteur l’accompagne dans sa barque et s’évade avec elle dans cette nature si bien décrite et très peu fréquentée par les habitants de la petite ville voisine de Caroline du nord.

C’est toute la vie de Kya que nous suivons dans ce roman, son évolution depuis sa petite enfance et l’abandon de sa mère, puis de ses frères et sœurs et enfin de son père, alcoolique violent. Elle apprendra à subvenir à ses besoins, avec peu ou pas d’argent, à être seule à longueur de journée malgré son très jeune âge. Le lecteur est véritablement en empathie avec Kya qui inspire de la tendresse. L’émotion n’est jamais loin.  Les services sociaux tenteront de la scolariser, mais l’accueil des élèves et des enseignants sera si humiliant qu’elle s’enfuira de cette école pour ne plus jamais y revenir. Elle grandira ainsi sans l’éducation de ses parents ni de l’institution.

Ce sont les thèmes de la différence entre les êtres humains, celui de l’abandon et de la solitude également qui sont abordés ici. Puis Kya rencontrera l’amour, celui d’un jeune homme qui lui a enseigné l’écriture et la lecture, qui en quelque sorte a réussi à l’apprivoiser lorsqu’elle était une très jeune fille. Elle rencontrera aussi la gloire, qu’elle recevra avec beaucoup de modestie, toutes ses études et travaux sur les populations du marais étant reconnus par des scientifiques de renom.

PS : Ce roman, très documenté sur la nature et les espèces y vivant, est l’œuvre d’une biologiste.

Brigitte Gherardi

 

LE CHAMP  de Robert Seethaler (Autrichien)

Si j’ai peiné à entrer dans le livre, à cause du choix de l’auteur de faire parler des morts, j’ai été très vite saisie, et même captivée par ce roman qui s’apparente à mes yeux à un long poème.

J’ai suivi ce vieil homme qui parcourt lentement le cimetière et j’ai écouté avec lui les défunts qui reprennent vie en évoquant les faits marquants de leur existence.

Le Champ est fait de mini récits, de débris de phrases, de bribes de mots, de bruissements de voix à peine audibles, de parts de rêves ou de regrets murmurés à l’oreille.  Les morts racontent leur vie et leur mort, relatent une rencontre, un drame, une joie, faisant écho à notre propre existence.

Comment qualifier ce Champ ? Entre fantastique et réaliste, entre étrange et familier, entre sombre et clair-obscur, entre la vie et la mort.  C’est peut-être une voix intérieure qui vient jusqu’à nous, celle du passé qui nous a forgés, celle des regrets et des espoirs, celle des vivants tout simplement.

« La vérité, c’est qu’il était convaincu d’entendre parler les morts. Il ne comprenait pas ce qu’ils disaient, pourtant il percevait leurs voix avec la même acuité que le gazouillis des oiseaux et le bourdonnement des insectes autour de lui. Quelquefois il se figurait même distinguer des mots ou des bribes de phrases dans cet essaim de voix, mais il avait beau écouter, il ne parvenait jamais à assembler ces fragments en un discours sensé »

                                                                                                                                                                                                                                                                        Béatrice Poirel

 La suite dans un prochain billet ….

 

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