Les délibérations des jurés….

Lundi dernier, les jurés du Prix Littéraire UIAD s’étaient réunis pour délibérer et choisir leur livre préféré parmi les 9 titres proposés. Voici le témoignage de quelque- uns d’entre eux sur cette « expérience » jugée aussi enrichissante que conviviale.              ND

 

Lundi 25 Mars 2019, le jury du 5ème Prix Littéraire de l’UIAD –  composé de 12 adhérents et d’un représentant de la librairie Decitre, partenaire du Prix –  s’est réuni autour de Danièle Dumarest présidente du jury.

Dans un premier temps, une quarantaine d’ouvrages avait été sélectionnée par le comité d’organisation. Mais seuls neuf titres ont été proposés à la lecture des jurés qui s’étaient portés volontaires pour cette enrichissante expérience et se sont acquittés de leur mission avec beaucoup d’humilité et de respect pour ces œuvres littéraires.

Plusieurs votes ont été nécessaires pour éliminer les romans les moins convaincants et sauvegarder les coups de cœur. Après plus de deux heures d’échanges et quelquefois de contradictions, un trio de romans s’est détaché.

En troisième position, Mon désir le plus ardent  de Pete Fromm, est l’histoire très touchante d’un couple épris de grands espaces et de descentes en eaux vives, qui réagit avec beaucoup de pudeur à l’arrivée de la maladie.

En deuxième position, By the rivers of Babylone de Kei Miller immerge totalement le lecteur dans un quartier pauvre de la Jamaïque. La traduction rend parfaitement cette ambiance rasta. Mais le jour de l’Autoclapse est en train d’advenir …

Le Prix Littéraire UIAD 2019 est finalement attribué à Wilfried N’Sondé pour Un océan, deux mers et trois continents,  un roman d’aventures qui reprend l’histoire vraie du premier prêtre Africain à être nommé Ambassadeur auprès du Vatican en 1604. Mais sans trop le savoir, il monte sur un navire négrier qui poursuit sa terrible route de l’Afrique vers le Brésil pour y décharger et vendre toute sa « marchandise ». Ce jeune prêtre noir au statut d’Ambassadeur pourrait passer pour candide ou naïf. Il peut manger à la table des officiers, alors que ses frères et sœurs subissent les pires tourments en fond de cale et que les conditions des marins sont elles-mêmes rudimentaires. Sans pouvoir agir, il est très sensible à cette détresse. Pendant des semaines, il traverse l’océan, son bateau est attaqué par les pirates. A terre, il traverse un désert pour tomber dans les griffes de l’Inquisition. Exténué, il aura du mal à plaider auprès du Pape, la fin de l’esclavagisme, sa véritable mission. Touché par cette foi immense, le Pape fera ériger à Rome en son honneur, une statue de marbre noir. Cette statue ne parle pas, mais l’auteur de ce très beau roman voudrait croire « … qu’il existe une humanité qui nous rassemble tous et qui mérite d’être célébrée, quelles que soient nos croyances, nos couleurs et nos origines…

Philippe With

 

 

Les premières éliminations ont été assez faciles, mais pour les quatre derniers ce fut plus difficile en raison de qualité de ces ouvrages. J’avoue que j’aurais bien mis Kei Miller à égalité avec Wilfried N’Sondé
C’est vrai que la lecture se fait différemment quand on sait qu’il faudra en parler et donner son avis par la suite, Mais participer au jury, c’est l’occasion de faire de belles découvertes et avoir l’envie de lire d’autres romans de ces auteurs, pour moi je pense à Pete Fromm et Kei Miller et peut être aussi découvrir un vrai roman de Callan Wink dont j’ai bien aimé l’écriture.

                                                                                  Agnès Decuyper

 

L’expérience de juré littéraire a été pour moi très enrichissante pour plusieurs raisons et j’ai apprécié:
 – des présélections intéressantes; à l’exception d’un seul livre, j’ai apprécié et trouvé un intérêt, à des degrés divers certes, à tous les livres. Ce qui m’a permis de découvrir  des auteurs que j’ignorais et que je n’aurais probablement pas lus…

– les échanges entre jurés sont très instructifs: chacun est réceptif à des choses différentes et cela permet une vision amplifiée du livre.

                                                                     Eliane Bardonnenche

A revoir:

Prix Littéraire UIAD

 

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Catherine Blanchard dit :

    « J’avais traversé deux fois l’Atlantique, voyagé entre trois continents pour retrouver la même image que celle des esclaves bakongos dans le flou de la brume. La même détresse. Les mêmes plaintes. Le claquement des fouets. Les sanglots, les traits défaits sous la souffrance. » (p. 221)
    Ce personnage méconnu de Nsaku Ne Vunda, que fait revivre Wilfried N’Sondé dans son livre est à découvrir absolument ! CB

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.