VIENNE EN AVRIL …

Dimanche 14 avril

Le but du voyage cette année était la découverte de Vienne, sur le plan historique, architectural et artistique… Nous avons tous été frappés par le nombre de touristes qui sillonnent la ville et par le contraste entre le poids de l’histoire et l’aspect moderne de la ville.

Arrivés en début d’après-midi,  nous avons retrouvé notre guide Julien, venu de Berlin. Un tour de la ville en car, sur le «  Ring », nous a permis de nous familiariser avec les différents quartiers puisque nous nous sommes déplacés par la suite uniquement à pied ou en métro.

Puis nous nous sommes rendus au musée du théâtre pour admirer le triptyque du Jugement Dernier de Bosch.

 

 

 

 

En fin d’après-midi, nous avons rejoint notre hôtel situé à deux pas du Prater.

Lundi 15 avril 2019

 Vienne, brillante et baroque, nous invite à plonger dans la gaité mélancolique de sa flamboyante beauté  et dans son passé glorieux,  à la recherche du temps perdu .

 La matinée démarre sous la tendre férule de Julien, notre « Führer » bien aimé, direction la Hofburg et la Kaiserliche Schatzkammer (Trésor impérial) qui abrite des pièces prestigieuses, témoins de la puissance de la dynastie des Habsbourg pendant plus de 6 siècles.

Nous admirons le trésor bourguignon datant du XVe siècle, le trésor de la Toison d’or (Ordre de la dynastie) et, merveille des merveilles, la couronne du Saint Empire Romain Germanique, symbole suprême de la dignité impériale.

 

Le sabre de Charlemagne et son imposant portrait  par Dürer, le coquetier  ayant appartenu à Louis XVI, le berceau de l’ « Aiglon », Roi de Rome, nous rappellent les liens  très étroits tissés entre la France et  l’Empire Austro-Hongrois, au-delà des rivalités, au fil des siècles.

 

Dans l’après-midi, nous apprécions l’art de la table à la Cour à travers de riches collections d’argenterie et de vaisselle. La pièce maîtresse est sans doute le « surtout de table milanais » long 30 m.

Dans les superbes appartements royaux, on remarque la chambre très simple de l’Empereur François-Joseph, avec son lit de fer dans un coin, et son bureau où il passait  de longues journées de travail. Il se considérait, en effet, comme le premier serviteur de l’Empire.

 

Cette sobriété de vie se retrouve dans son tombeau, très dépouillé, dans la crypte des Capucins qui, depuis le XVIIe siècle, est le lieu du dernier repos de la famille impériale.

 

A la fin de cette journée, notre chère collègue Claudine nous ayant assuré que nous avons largement  parcouru les 10.000 pas indispensables pour rester en bonne santé, nous dînons dans un agréable Café géorgien aux délicates saveurs orientales.

Sur un mur, on peut lire ce proverbe latin, qui nous rappelle l’équilibre et la dignité de l‘homme, vertus prônées par Marc-Aurèle, grand empereur et philosophe stoïcien qui mourut ici, à Vindobona: « Nil similius insano quam ebrius ».

Cette belle soirée est malheureusement assombrie  par l’information de la catastrophe de Notre Dame de Paris.

Mardi16 avril

Le mardi nous avons un peu laissé les Habsbourg pour approcher les sommets de l’art européen.
Voyez plutôt :

Le matin nous avons visité la Cathédrale gothique Saint Etienne (Stephansdom) symbole de la ville. Bombardée en 1945, une partie de la voûte et sa toiture détruites ont été bien restaurées. C’était émouvant de regarder les photos des ruines de 1945 avec dans la tête les images presque identiques de Notre Dame incendiée la veille.

 

L’église des Jésuites (Jesuitenkirche) du 17ème siècle baroque  paraît bien chargée pour notre goût mais comment ne pas être impressionné par cette science du décor, la qualité des couleurs, les trompe-l’œil…

 

 

Puis nous avons passé un long moment chez Mozart, sa famille et ses amis, une jolie maison dans le vieux quartier de Vienne proche de la cathédrale où il écrivit les Noces de Figaro.

L’après-midi a été consacré à des chefs d’œuvre de la peinture au Kunsthistorisches Museum qui abrite par exemple Les chasseurs dans la neige de Bruegel, La Vierge à la prairie de Raphaël  ou L’atelier du peintre de Vermeer…

Enfin le soir c’était, pour plusieurs d’entre nous, soirée à l’opéra (Staatsoper). Dans ce cadre exceptionnel après avoir monté le célèbre escalier, nous avons admiré Turandot de Puccini.

Mercredi 17 avril ,  Visite de SCHÖNBRUNN

Ce mercredi matin nous proposait un riche et passionnant programme.

La découverte du Château Impérial de Schönbrunn, son parc et ses dépendances. Pour certains d’entre nous, un rêve qui pouvait devenir réalité ?

Le temps était splendide ! Soleil, ciel tout bleu et douce chaleur. Tout pour plaire !

Alors commençons et rentrons un moment dans l’histoire !

Les bâtiments d’origine remontent au Moyen-Age. L’impératrice Marie Thérèse (1717 – 1780) reçut ce château en héritage vers 1736. Ce remarquable ensemble est fortement marqué par son empreinte. Tout le long de sa vie, elle a constamment fait aménager ou modifier cette immense résidence princière rococo et son parc. Il fut ensuite occupé par ses successeurs, dont l’Empereur François-Joseph.

Nous commençons par le vaste parc à la française, qui fut dessiné par un élève de Le Nôtre, et aménagé dans les années 1770. D’emblée, il nous séduit par ses admirables perspectives, ses parterres, ses bassins, ses allées, ses rond-points et divers monuments qui jalonnent le parcours .

Nous nous arrêtons particulièrement sur la Gloriette, érigée sur la colline dominant le parc, véritable belvédère embrassant l’ensemble .

La Fontaine de Neptune à ses pieds, ainsi que la Fontaine de l’Obélisque et les fausses ruines romaines, ponctuent ce parcours d’une tonalité romantique ! D’autre part, le parc offre également une Serre aux Palmiers, un Jardin zoologique, la Maison du Désert et une Collection de voitures historiques.

Après la promenade dans les allées du parc, et maintes pauses pour admirer ses divers sites et monuments, il nous a fallu abréger cette déambulation, où le terme  » flâner  » prend tout son sens, et revenir vers le château pour la visite de 40 de ses 1400 pièces ! !  .

Le château baroque « jaune Schönbrunn », de style rococo, est d’une grande unité. Mais, en commençant un parcours en enfilade, le long de ces pièces, de ces appartements et dépendances, nous constatons la variété des décors de chacune d’entre elles ! Certaines traduisent même parfaitement la personnalité de leurs occupants.

Il faut en citer quelques-unes parmi les plus remarquables :

La salle de billard, ornée de peintures retraçant l’histoire des Habsbourg / La salle d’audience en noyer / Le cabinet de travail et La chambre de François-Joseph, dont la sobriété traduit si bien son caractère / Le cabinet de toilette de Sissi / Le salon de l’Impératrice Marie Thérèse en lambris blanc et or, et la chambre de ses enfants, dont se dégage une impression d’intimité, l’intimité de la famille / La Grande et La Petite Galerie pour l’apparat / la Salle du Carrousel / et maints autres : Salons-bleu chinois// vieux laqué / bois de rose exotique, ou encore celui des porcelaines ….

S’y ajoutent, au rez-de-chaussée, l’appartement d’été de Marie-Thérèse et son époux, ainsi que la Chapelle du château.

Malgré l’apparat et les conventions, se dégage une impression d’humanité et de proximité, due à la personnalité de l’impératrice Marie-Thèrèse elle-même, et son époux tant aimé, et à celle de François-Joseph, lesquels ont apprécié, à côté de leurs lourdes charges officielles, la simplicité et le naturel de certaines pièces plus privées.

Nous sortons de cette visite, riches de visions et de sentiments, nous ayant permis d’approcher ces personnages à travers leur vie de représentation, certes, mais aussi dans leur vie quotidienne ! Et de nous rappeler qu’en privé, ils peuvent nous ressembler !

Au retour, nous découvrons et parcourons le Marché de Pâques, joyeux et coloré, qui s’est installé dans la Cour d’entrée du château !

Une grande envie de prendre une collation bien méritée nous envahit ! Il est 13h ! Hum ! S’asseoir et déguster sur une terrasse au soleil ! Temps de pause et de repos ! Ce que nous ne manquons pas de faire !

L’après-midi, nous avons « quartier libre  » ! Tout est possible, à la découverte de Vienne, selon notre inspiration ! Jolie perspective aussi !

Quelle journée bien équilibrée !

Rendez-vous demain, pour d’autres plaisirs !

Jeudi 18 avril

Après le baroque et le rococo des palais impériaux, nous abordons la version viennoise de  l’Art Nouveau, dont les chefs de file s’appellent Otto Wagner, Gustav Klimt et Egon Schiele. Avec Carl Moll, Koloman Moser, Joseph Olbrich entre autres, ils ont fondé le style « Sécession », caractérisé sur le plan architectural par la pureté des formes et la fonctionnalité des bâtiments. Témoin la stupéfiante église du Steinhof, sur les hauteurs de Vienne ,

 

 

 

 

 

ainsi que le bâtiment d’exposition de la Sécession Ver Sacrum

 

(« le printemps sacré »), dans le centre-ville.

C’est l’alliance au sein d’un même ensemble, de l’architecture, la peinture et la sculpture. Magnifique !

 

 En chemin vers le Nashmarkt (qui regorge de falafel et de baklava plus que de Wienerschnitzel et d’Apfelstrudel), nous avons pu admirer de très belles façades Art Nouveau, jouxtant les meringues de stuc des bâtiments plus traditionnels.

 

 

 

Nous avons également visité la maison-atelier de Gustave Klimt, ainsi que le Musée Léopold qui possède une importante collection d’oeuvres de Klimt, Schiele, Kokoschka.

 

 

Ce fut une journée très riche, qui nous a fait découvrir l’un des courants artistiques majeurs de l’Europe du début du XX°siècle.

 

Vendredi 19 avril

Vendredi, dernier jour , départ en train pour le Palais du Belvédère , un des plus grands palais baroques de Vienne .

C’est là que fut signé en 1955 le Traité de l’ Etat Autrichien , par lequel l’ Autriche retrouvait son indépendance , après la Seconde Guerre Mondiale .

Dans un cadre de jardins,  ouvrant sur une vue panoramique de Vienne., l’édifice fut construit comme résidence d’été d’Eugène de Savoie, vainqueur des Turcs en 1718. Le Prince avait grandi à la cour de Louis XIV et cela se voit : ce château est le Versailles viennois.

Notre visite est consacrée au Belvédère supérieur, qui héberge une collection d’art à la hauteur de l’opulence impériale.

Au rez- de- chaussée, 4 grands Atlas soutiennent une voûte aux stucs délicats.

Au premier étage, la collection « Vienne 1880-1914 »  comble les amateurs de Klimt. Une salle entière est entièrement dévolue à ses tableaux , tels « Judith et Holophène «  (1901) , «  Salomé «  (1909) et le célèbre tableau «  Le Baiser «  (1908)

Egon Schiele est aussi présent avec des œuvres envoûtantes comme «  La jeune fille et la mort «  (1915) ou son portrait du jeune «  Herbert Rainer «  (1910) alors âgé de 6 ans .

Ce musée est d’une telle richesse que nous pourrions y consacrer des journées entières pour découvrir tous ses trésors

Après le déjeûner, dernière promenade à Vienne, en suivant les traces de Friedensreich Hundertwasser (1928-2000)

La «  Kunst Haus «   (Maison de l’Art) , réunit une belle collection d’œuvres picturales  graphiques et architecturales de l’artiste  . Elle  donne un aperçu édifiant de ses théories et méthodes d’architecture écologistes .

A deux pas du Musée, la maison Hundertwasser , conçue en 1983 , est un véritable «  art poétique «  par ses conceptions architecturales et colorées .

La petite place, aménagée par Hundertwasser , dans le Village qui porte son nom , permet de contempler ce lieu de vie , pensé contre l’uniformisation  . Nous y retrouvons les planchers irréguliers, une végétation luxuriante ,  des couleurs vives , éclatantes , et  l’absence de lignes droites .

Dans son architecture créative, Hundertwasser s’est inspiré des œuvres de Gaudi et du Facteur Cheval, des jardins ouvriers et des livres de contes .

 

 

 

 

 

Ce fut un voyage exceptionnel, par la richesse et l’originalité du programme, son organisation impeccable, la qualité remarquable de notre guide habituel, Julien, et l’ambiance amicale et chaleureuse de notre groupe .

Textes et photos de Uriana, Brigitte, Marie-Christine et Patrick, Jacqueline, Josette, Aleth , photos de Daniel et André.

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