Le joli mois de mai

« Et puis se souvenir qu’entre le mois des fleurs et celui des fruits, il y aura le mois de Mai, le joli mois de Mai. »

Mai
Guillaume Apollinaire

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin

Des dames regardaient du haut de la montagne

Vous êtes si jolies mais la barque s’éloigne

Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?

 

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière

Les pétales tombés des cerisiers de mai

Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée

Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement

Un ours un singe un chien menés par des tziganes

Suivaient une roulotte traînée par un âne

Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes

Sur un fifre lointain un air de régiment

 

Le mai le joli mai a paré les ruines

De lierre de vigne vierge et de rosiers

Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers

Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes

Guillaume Apollinaire, Rhénanes, Alcools, 1913

Bourvil, Tino Rossi, Marcel Amont tous ont chanté le joli mois de Mai, tous, comme Apollinaire, pour se plaindre d’un chagrin d’amour.

Sauf Charles Aznavour peut-être qui aime Paris au mois de Mai.

 

Car le mois de Mai c’est le mois de tous les possibles, les pires comme les meilleurs.
C’est le mois du muguet et de son parfum enchanteur,
C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau,
C’est le mois des Saintes glaces – tiens justement, les 11, 12 et 13 Mai !

« Les trois saints au sang de navet, Pancrace, Mamert et Servais,
Sont bien nommés les saints de glace, Mamert, Servais et Pancrace. »

Mais attention ! A la Sainte Denise (le 15 Mai), finie la bise !
Oui, je sais, il y a bise et bise, mais celle-là, elle était trop facile pour la manquer !

Reste que, le film à voir et revoir en Mai, c’est celui-de Louis Malle, sorti en 1990 : Milou en Mai ! Quelle histoire ! Celle de Mai 68, lorsque la France était à l’arrêt pour cause de grève générale. Une vieille dame vient de mourir et voilà aussitôt tous les membres de cette grande famille bourgeoise qui accourent pour … se disputer l’héritage ! Un casting extraordinaire et la caméra de Malle qui passe de l’un à l’autre, et saisit au vol à la fois les préjugés bien établis de l’ordre bourgeois et la joyeuse pagaille de l’esprit 68. C’est drôle, c’est intelligent et le pique-nique sous le cerisier, avec son petit côté Renoir est un moment de cinéma inoubliable (mais il y en a bien d’autres ! ).

Et vous ? QUE FEREZ-VOUS AU MOIS DE MAI ?

Nicole Dupré

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